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Benzodiazépines et toxicomanie

Utiliser les médicaments comme des drogues c'est un phénomène très répandu dans le monde industrialisé. A tel point qu'à l'heure actuelle on considère que la moitié environ des toxicomanes ne sont pas des consommateurs d'héroïne en intra veineuse mais des utilisateurs de produits chimiques consommés par la bouche ou le nez. Certains toxicomanes ne se droguent qu'avec des médicaments psychotropes. Ces médicaments sont associés la plupart du temps avec de l'alcool.

Récemment, Canal+ a consacré un numéro de son émission "lundi investigation" au thème "Tranquilisants, l'overdose". En voici un extrait, on y voit un toxicomane parler de son expérience ainsi que l'interview d'un médecin de famille (le docteur Jamoulle) (Dans les années 90, le docteur Jamoulle, a publié un rapport concernant un médicament appelé "rohypnol").



Résumé que l'on trouve sur le rapport "être en roche"

Objectifs :
Etudier le profil de l'usage de médicaments chez les toxicomanes à l'héroïne.

Sujets et méthodes :
89 héroïnomanes, enrôlés dans un programme de maintenance par la méthadone en médecine de famille, ont fait l'objet d'une enquête.

Les patients pharmacophiles et leurs préférences ont été identifiés par questionnaire. L'enregistrement d'interviews face à face semistructurés a permis de mettre en évidence le profil de 56 patients ainsi que le tableau clinique résultant de l'abus de médicament.

Une revue bibliographique et une investigations auprès de praticiens de différents pays renforcent l'étude.

Résultats :
60 % (53/89) des consultants ont abusé de médicaments au moins une fois.

Le Rohypnol (Flunitrazépam), un hypnotique puissant, est placé en premier choix comme succédané de l'héroïne par 66 % de ces utilisateurs abusifs.

"Etre en Roche" (Note du webmaster : roche est le nom du labo qui fabrique le rohypnol) est une expression utilisée par les toxicomanes eux-mêmes pour désigner le tableau clinique consécutif à la prise diurne d'un ou plusieurs (jusqu'à 30 c à 2 mg par jour) comprimés de Rohypnol, associé ou non à l'alcool.

Un comprimé de Rohypnol est appelé un "Roche" et un utilisateur compulsif un "Rocheman". Le tableau clinique est caractérisé par un état d'obnubilation ("Etre ravagé, pété, mort"), une dysarthrie, une sensation d'invincibilité, une perte d'inhibition avec possible passage à l'acte et agression suivis d'endormissement et d'amnésie antérograde totale.

L'information concernant la dangerosité de ce produit n'a pas été diffusée. Le Rohypnol est une drogue de rue dans tous les pays étudiés.

Conclusions :
Le Rohypnol est une drogue dure, succédané de l'héroïne et un amnésiant puissant.
Ce produit est dangereux par son pouvoir amnésiant et désinhibant.
Ce produit n'a plus de place en thérapeutique.

Après avoir lu les conclusions de ce rapport, j'étais très surpris. Je n'ai moi même jamais consommé de Rohypnol mais d'autres benzos. J'ai donc cherché à savoir si les benzodiazépines qu'on délivre actuellement en masse avaient les mêmes caractéristiques que le rohypnol.

La réponse est OUI !


Tableau d'équivalence

2mg de Rohypnol = 10 mg de Stilnox (Zolpidem)
2mg de Rohypnol = 0,25 mg de Xanax (Alprazolam)
2mg de Rohypnol = 6 mg de Lexomil (Bromazépam)
2mg de Rohypnol = 3,75 mg de Tranxène (Clorazépate)
2mg de Rohypnol = 30 mg de Seresta (Oxazepam)
2mg de Rohypnol = 5 mg de Valium (Diazépam)
2mg de Rohypnol =7,5 mg d'Imovane (Zopiclone)
2mg de Rohypnol = 1mg de Témesta (Lorazépam)
2mg de Rohypnol =2 mg de Noctamide (Lormétazepam)
etc.

Ces médicaments sont tous les mêmes !
Il n'y a que le dosage de chaque comprimé et le temps de diffusion dans l'organisme qui change.
Ils sont tous du rohypnol avec un faux nom.
Ils ont tous des indications thérapeutiques différentes (sommeil, anxiété etc.) mais ce sont les mêmes.


les benzodiazépines sont des drogues dures

Ces médicaments sont très largement prescrits (sauf le rohypnol qui est toujours en vente mais qu'on ne prescrit PRESQUE plus)

Même un médecin qui ne vous connait pas peut vous en prescrire après 10 minutes de consultation.

Le laboratoire Roche, qui commercialise le Lexomil, commercialise également le Rohypnol et le VALIUM (concurrent du baclofène dans l'indication "sevrage alcoolique").

La molécule du lexomil est par ailleurs commercialisée par beaucoup de labos sous beaucoup de noms différents :

*Anxiocalm® (Belgique),
*ANXYREX® (France),
*Bromatop® (Belgique),
*BROMAZEPAM ARROW® (France),
*BROMAZEPAM BIOGARAN® (France),
*Bromazepam EG® (France),
*BROMAZEPAM G GAM® (France),
*BROMAZEPAM GNR® (France),
*BROMAZEPAM IREX® (France),
*BROMAZEPAM IVAX® (France),
*BROMAZEPAM MERCK® (France),
*BROMAZEPAM QUALIMED® (France),
*Bromazepam-Ratiopharm® (France),
*BROMAZEPAM RPG® (France),
*Bromazepam Teva® (France),
*BROMAZEPAM ZYDUS® (France),
*Bromidem® (Belgique),
*Docbromaze® (Belgique),
*Kelalexan® (Belgique),
*LEXOMIL® (France),
*Lexotan® (Belgique),
*Lexotanil® (Suisse),
*QUIETILINE® (France),
*Lexotan® (Brésil).

Le lexomil (comme le xanax et le stilnox) est partout. L'alcool est partout. En mélangeant malencontreusement les deux on arrive à des scènes de meurtres violents voire meurtres collectifs (tueries aux Etats-unis).
(voir la partie : benzodiazépines et passage à l'acte meurtrier).

Les gens qui ont poussé leur enquête un peu loin, jusqu'à présent, l'ont tous fait à visage découvert, certains ont reçus des pressions plus ou moins graves.

Ils ne souhaitent plus s'exprimer à ce sujet...

Moi même, après avoir mélangé de l'alcool avec certains de ces médicaments (qui m'avaient été prescrits par mon médecin alcoologue, qui savait donc que j'étais alcoolique.
Il savait également que j'avais déjà fait deux cures en alcoologie et replongé à chaque fois). Je me suis retrouvé dans une errance urbaine qui a duré 5 jours et dont je n'ai aucun souvenir.
Je me souviens très bien du réveil qui a suivi par contre (j'étais aux urgences avec des traces de menottes aux poignés). Je me suis retrouvé au tribunal pour cette histoire, tous les faits étaient contre moi, ils m'ont laminés!

Réquisitoire du procureur :
Monsieur X est un danger pour la société il continuera toujours à prendre de l'alcool et des médicaments. Lorsque le procureur a dit ça je sortais de trois mois de cure sans avoir vu mes enfants et je venais de réussir à arrêter l'alcool (je n'ai pas repris depuis).

On ne m'a pas parlé de soins adaptés à mon problème. On m' a juste menacé de prison.